Le mythe du sommeil profond et le rôle des montres connectées

Publié le avr. 02, 2026.
Le mythe du sommeil profond et le rôle des montres connectées

Le Dr Sun Wei, médecin-chef et directeur du Département de médecine du sommeil à l'Hôpital Sixième de l'Université de Pékin, remet en question l'efficacité des appareils de suivi du sommeil, notamment les montres connectées. Dans son analyse, il souligne l'importance des sensations subjectives et de la relaxation, tout en explorant les "trois piliers" essentiels pour un sommeil de qualité : le rythme, l'envie et la relaxation.

Le sommeil représente environ un tiers de notre vie et joue un rôle crucial dans la reconstitution de notre énergie, l'élimination des déchets du cerveau, la consolidation de la mémoire et le soutien au système immunitaire. Toutefois, le Rapport sur la santé du sommeil en Chine 2025 révèle une réalité alarmante : près de la moitié des adultes en Chine souffrent de troubles du sommeil, touchant ainsi plus de 300 millions de personnes.

Les plaintes les plus fréquentes rencontrées par les professionnels de santé incluent les difficultés à s'endormir, à rester endormi ou des réveils précoces. Lorsque ces problèmes surviennent au moins trois fois par semaine pendant trois mois, ils correspondent à des critères d'insomnie chronique, entraînant des troubles cognitifs et une augmentation du risque de comorbidités.

Pour traiter l'insomnie chronique, les médecins se tournent généralement vers deux approches principales : les traitements médicamenteux et les interventions comportementales. Les recommandations cliniques internationales suggèrent la thérapie cognitivo-comportementale pour l'insomnie (TCC-I) comme traitement de première intention. Avant d'envisager des médicaments, des ajustements comportementaux peuvent être bénéfiques.

Le Dr Sun identifie trois facteurs clés nécessaires à un sommeil réparateur. Le premier est le rythme circadien, qui représente le cycle naturel veille-sommeil. Pour maintenir ce rythme, il est conseillé de se coucher et de se lever à des heures régulières, même si la qualité du sommeil était suboptimale.

Le deuxième facteur, le besoin de sommeil, se renforce à mesure que l'on reste éveillé. Une pression de sommeil plus élevée rend l'endormissement plus facile. Il est donc recommandé d'éviter les siestes et de pratiquer une activité physique modérée, tout en s'abstenant d'exercer juste avant de se coucher.

Le troisième pilier est la relaxation, essentielle pour apaiser tant le corps que l'esprit. Les techniques de relaxation, comme la relaxation musculaire progressive ou la respiration 4-7-8, aident à réduire la tension et préparent l'individu à un sommeil de qualité.

De plus en plus de personnes se tournent vers des dispositifs de suivi du sommeil, mais leur fiabilité est parfois remise en question. Bien que ces instruments puissent fournir des estimations sur la durée du sommeil, ils ne rivalisent pas avec les méthodes cliniques comme la polysomnographie pour évaluer les stades de sommeil.

Il est crucial de se concentrer non pas sur les chiffres fournis par ces appareils, mais sur son état général pendant la journée. Si l'on se sent alerte et énergique, cela indique probablement une bonne qualité de sommeil, indépendamment des données recueillies par des appareils.

SANTÉBIEN-ÊTRE

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