Microsoft utilise la centrale de Three Mile Island pour son IA

Microsoft s'associe à Constellation Energy pour un projet audacieux de réouverture de la centrale nucléaire de Three Mile Island, qui avait été partiellement fondue. Dans le cadre de cet accord, Microsoft s'engage à acheter toute l'électricité produite par cette centrale pendant les 20 prochaines années après son redémarrage.
Cette initiative marque une première aux États-Unis, car il s'agit de la première fois qu'une centrale nucléaire décommissionnée est remise en service et que la totalité de sa production est attribuée à un unique client. Ce projet vise à satisfaire la demande énergétique croissante des opérations d'intelligence artificielle de Microsoft.
Constellation Energy prévoit de redémarrer l'unité 1 de la centrale d'ici 2028, avec un coût estimé à 1,6 milliard de dollars. Située à côté de l'unité qui avait subi une fusion partielle en 1979, cette centrale a joué un rôle central dans l'histoire de l'industrie nucléaire américaine.
Joseph Dominguez, le directeur général de Constellation, a exprimé sa conviction que la fermeture de la centrale n'aurait jamais dû avoir lieu. Il a souligné que la centrale pourrait produire une quantité d'énergie propre équivalente à celle de toutes les énergies renouvelables développées en Pennsylvanie au cours des 30 dernières années.
La centrale, une fois redémarrée, devrait fournir à Microsoft 835 mégawatts d'électricité, suffisamment pour alimenter environ 800 000 foyers. Ce projet s'inscrit dans une tendance plus large où les entreprises technologiques recherchent des sources d'énergie fiables et à zéro émission.
Cependant, ce plan se heurte à des obstacles réglementaires importants et à un scepticisme public. Constellation doit se soumettre à des inspections de sécurité rigoureuses de la part de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis, qui n'a jamais donné son feu vert à la réouverture d'une centrale nucléaire.
De plus, le projet soulève des préoccupations concernant l'utilisation des subventions fédérales, car il dépend des allégements fiscaux pour l'énergie nucléaire prévus dans la loi sur la réduction de l'inflation de 2022. Des critiques estiment que l'utilisation de fonds publics pour soutenir une entreprise privée est problématique.
Les réactions sur les réseaux sociaux ont été variées. Certains ont exprimé des inquiétudes quant aux implications de la demande énergétique croissante, tandis que d'autres se sont réjouis des opportunités économiques que pourrait engendrer ce projet.
Des analyses prévoient la création de 3 400 emplois et une contribution de 3 milliards de dollars en taxes aux niveaux étatique et fédéral grâce au redémarrage de la centrale. Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a déclaré qu'il soutenait le projet, en soulignant les bénéfices économiques potentiels.
Malgré ce soutien, des experts en sécurité nucléaire, comme Henry Sokolski, ont critiqué le fait que Microsoft exige des fonds publics pour rénover l'usine tout en promettant d'acheter toute l'électricité produite.
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